C'est que, délivrés de la maille serrée de notre physique, les éléments aveugles se déchaînent : qu'est-ce que je prends, moi fétu de paille! Lélémentaire m'emporte dans sa bourrasque et, puissance énorme, indifféremment me fait vivre et m'écrase. Ballotté par les contraires, je suis le jouet de l'illimité. Il n'était pas mort, seulement tapi derrière la nature, l'antique savoir sur le Cosmos. Nous sommes avant Socrate, en Ionie, en Grande Grèce, à la recherche du premier principe, hésitants entre l'air, la terre, le feu et l'eau. L'éveil de la raison identifie des monstres.

Temps radieux, temps archaïques, nuit des temps où se perdit Hölderlin. C'est quand même insoutenable, de répéter seulement "Cela est". "Cela est", Oui, et alors, Parménide? 

Texte de Michèle Douérin, Catalogue d'exposition Galerie de Francony.